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lundi 25 janvier 2016

Bilan sur le All Nikkô pass | Japon 2015

Photo Supermerlion
Avant ce voyage, j'avais lu pas mal de choses concernant Nikkô. Alors que je me demandais combien de temps allait durer mon JR Pass, lorsque j'ai vu que le trajet en JR n'était pas direct de Tokyo, qu'il fallait passer par Utsunomiya et que cela allait durer un certain temps, j'ai commencé à me poser des questions.

Hébergés à Asakusa, qui n'est pas une station JR et qui nécessite donc de marcher jusqu'à Ueno ou de prendre le métro (rappel : les lignes, étant privées, sont totalement indépendantes et nécessitent de changer de ticket), j'étais peu emballée à l'idée de faire autant de changements et de devoir allonger le JR Pass d'une semaine. Le tarif du JR Pass n'est pas réduit : 127€ de différence entre le pass 7 jours et le pass 14 jours. Ne partant que 12 jours au total et n'en ayant pas besoin avant le départ pour Nikkô, nous aurions dû financer un pass de 14 jours pour 10 jours d'utilisation...
Même s'il m'a été conseillé à plusieurs reprise de le prendre quand même par souci de facilité, je n'ai pas eu envie de céder. Le site Hyperdia est très utile pour préparer ses déplacements : horaires et tarifs y sont affichés pour tous les trains du Japon. De nombreuses simulations, avec et sans JR Pass m'ont permis de faire mon choix : je n'allongerais pas la durée de ce pass déjà coûteux.



Présentation du pass 

C'est alors que j'ai découvert l'existence du All Nikkô pass proposé par la compagnie ferroviaire Tobu. Nikkô possède 2 gares proches l'une de l'autre : la gare Tobu et la gare JR. Le train Tobu à destination de Nikkô part d'Asakusa et ne nécessite pas de changement.
Le pass comprend l'aller et le retour Asakusa-Nikkô en train "rapid", contrairement à ce que l'on peut penser, ce n'est pas le train le plus rapide pour aller à Nikkô : le trajet dure 2h20. Le Limited Express "SPACIA" (1h50 de trajet) n'est pas compris dans le pass. De toute facçon la différence de durée n'est pas énorme.
Je vous recommande de jeter un oeil aux horaires des trains pour Nikkô. Ceux concernés par le pass ne circulent pas le soir. Le tout dernier (celui que nous avons pris) est à 16h40. A ce propos, nous avons eu une chance énorme ! Sûre de moi, pensant que les trains de Tokyo sont trèèès nombreux, je n'ai pas regardé les horaires pour Nikkô, me disant qu'il y en aurait forcément en fin de journée après notre visite à Setagaya (ses totoros et ses manekinekos). Nous sommes donc arrivés comme des fleurs à 16h20 pour retirer nos pass et nous renseigner des horaires de train. 20 minutes plus tard, nous étions dans le dernier de la journée, par le plus grand des hasards !

Il existe plusieurs sortes de Nikkô pass. Puisque nous restions 3 jours, nous avons choisi le All Nikkô pass d'une durée de 4 jours. Contrairement à ce que j'aurais pu penser au départ, les pass n'offrent aucune entrée dans les lieux touristiques. Tous les tickets sont à acheter aux guichets, indépendamment du pass. Seul le Kinugawa theme park pass propose une entrée aux parcs à thème dans son tarif.

Screenshot du site officiel
Le pass se précommande sur Internet au moins 4 jours avant le départ et se retire au guichet de la gare Tobu d'Asakusa sur présentation du reçu imprimé au préalable.

Quelle utilité ?

Selon moi, le pass n'est utile que si vous prévoyez de vadrouiller dans les environs de Nikkô. Si votre visite se limite au groupe de temples de la ville ainsi qu'au palais impérial, vous n'aurez que peu de trajets en bus à faire. L'aller-retour en train au départ d'Asakusa n'est pas très cher.
Si comme nous, vous avez envie de découvrir Senjôgahara et Yumoto-onsen, et pourquoi pas faire une halte au lac Chuzen-ji, le pass sera largement rentabilisé puisqu'il faut au minimum 1h de bus pour les rejoindre.

A vous donc de bien arrêter votre programme, de faire des simulations de coût sur Hyperdia et de savoir si votre passage à Nikkô ne comprendra que les incontournables de la ville ou non. En cas de possession de JR pass, le Nikkô pass ne vaut évidemment pas le coup, même pour les bus.

Image Meijishowa

mercredi 13 janvier 2016

La traversée des marais de feu de Senjôgahara | Japon 2015


Si nous avons choisi d'aller à Nikkô, c'est aussi pour la nature qui l'entoure. Nous voulions nous y perdre quelques heures, au calme. J'avais découvert les couleurs de Senjôgahara (戦場ヶ原 - le champs de bataille) à travers le blog de Jordy - anciennement Totoro times - et avais conservé le nom de ce lieu dans un coin de carnet jusqu'à l'automne dernier.

Au delà du lac Chuzenji, nous avons choisi de partir de la cascade Ryûzu no taki (竜頭ノ滝 - cascade de la tête du dragon), de traverser tous les marais de feu et de remonter jusqu'à Yumoto-onsen (湯元温泉), petite ville balnéaire en hauteur proposant onsens et hôtels confortables (ça c'est l'idée qu'on peut s'en faire quand on lit les prospectus mais la réalité est en fait toute autre!).

On rejoint facilement le début de la marche en bus en partant des gares de Nikkô. Il faut compter environ 1h de bus pour aller à la cascade Ryûzu, 3h de marche jusqu'à Yumoto-onsen puis 1h30 de bus pour redescendre vers Nikkô.


Des ours sont censés peupler les marais de feu et les forêts alentour. Ils sont signalés par des panneaux, mais nous n'en avons pas rencontré un seul. A part une classe de primaire et de rares personnes âgées descendant vers la cascade Ryûzu, nous étions seuls profitant des couleurs orangées alourdies par les nuages traînant. Un merveilleux spectacle me rappelant étrangement la Presqu'île des Dragoeufs sur le MMO Dofus. Presqu'île que j'avais réalisée du temps où je travaillais à Ankama et qui a été un des mondes que j'ai préféré créer : roche volcanique, flore asséchée  voire brûlée et points d'eau bouillonnants. Voici quelques screenshots que j'ai pu trouver :


Nous sommes arrivés au lac de Yumoto-onsen sans trop d'effort. Entouré de grands pins, donnant sur une cascade, lui aussi était recouvert de brume. Merveilleux, imposant le silence et la contemplation. Nous constatons petit à petit que Yumoto-onsen ressemble plus à une ville fantôme qu'à une station balnéaire florissante. Ce qui n'est pas pour me déplaire, j'aime beaucoup les endroits en dormance.


Une station essence à l'abandon depuis bien longtemps, une office de tourisme en rondins de bois vide de visiteurs, un homme étrangement immobile au bord de la route portant une cagoule KISS (un rien inquiétant si nous ne l'avions pas déjà croisé plus tôt dans la matinée occupé à faire du modeling avec son pote). L'odeur du soufre très marquée, l'ambiance était à son comble ! J'étais bien !


Nous avions décidé de venir jusqu'ici pour son onsen-ji, temple proposant des bains naturels au soufre. Le temps de faire quelques stamps à l'office du tourisme, nous voilà approchant le temple sobre et en retrait. Très bien reçus par une petite dame âgée, nous nous sommes acquittés du droit d'entrée (500 yen) et avons pu profiter des bains, séparément. Le tatouage n'a posé aucun problème car, encore une fois, le lieu était désert.
L'eau y était très chaude, vraiment ! Une surprise pour Axel qui découvrait le plaisir du onsen pour la première fois, dans une petite bicoque rongée par le soufre. Poétique !
Après le bain, nous nous sommes prélassés sur les tatamis de la salle de repos (vide elle aussi) tout en grignotant des crackers au riz et en buvant du thé vert proposé à volonté. La fatigue de la marche s'est évanouie totalement.


A l'extérieur du onsen-ji se trouvent plusieurs geysers de soufre que l'on peut approcher en suivant des pontons en bois. Le bleu laiteux et le vert saturé y sont magnifiques.

Nous avons sauté dans un bus pour redescendre vers Nikkô, encore et toujours seuls. En passant devant les immenses hôtels de la ville, nous avons compris que finalement les visiteurs n'avaient absolument pas besoin d'en sortir de tout leur séjour. Dans la ville, pas de restaurant, pas de konbini, tout semble se trouver à l'intérieur des hôtels.



vendredi 1 janvier 2016

Où dormir à Nikkô ? | Japon 2015

Chambre du Rindou no ie
A l'origine, nous envisagions de profiter de notre halte à Nikkô pour dormir dans un vrai ryokan, hôtel traditionnel généralement coûteux composé de jolies chambres à la japonaise et souvent de onsen. Ne sachant pas du tout comment le tatouage serait vu, je regardais donc en priorité les ryokans à bains privatifs.
Rien ne me plaisant vraiment totalement, tout en frôlant des prix indécents, nous avons abandonné l'idée. Ce que je voyais des ryokans sur internet était certes magnifique mais ne correspondait pas réellement à mes envies. Je n'arrivais pas à me dire que j'allais dépenser autant juste pour une nuit surclassée. Au fond, cela ne m'intéresse pas du tout.

J'ai donc commencé à chercher du côté des pensions, à mi-chemin entre l'auberge de jeunesse et le ryokan proposant souvent des repas faits maison. Hors de la cohue des voyageurs trop à la cool tout en étant choyé par les hôtes. c'est le genre d'hébergement qui me convient le mieux.

En recoupant les trouvailles sur les sites de booking, les avis sur TripAdvisor et les sites web des pensions, j'ai fini par découvrir la perle rare et j'étais impatiente comme tout d'aller y séjourner.


La pension Rindou no ie - 民宿りんどうの家

Les commentaires sur cette pension que j'ai pu lire sur Trip Advisor étaient merveilleux : 73 excellentes + 10 très bonnes notes. Aucune en dessous ! Les voyageurs ne tarissant pas d'éloges, j'ai voulu réserver immédiatement.
Comme je n'aime pas trop les sites de booking en ligne (prenant souvent un gros pourcentage au détriment des petits hôtels), je les ai contactés directement par e-mail. Nous avions programmé de rester 2 nuits à Nikkô, et la pension avait une chambre de libre avec le petit déjeuner compris (fait maison, évidemment !). Nous n'avons pas hésité une seule seconde et avons validé notre réservation.


Shizuo-san et Keiko-san sont les deux propriétaires de la pension. Il suffit de regarder l'entrée pour se rendre compte que leur extrême gentillesse a marqué les voyageurs de passage chez eux. Les murs sont recouverts de petits cadeaux, de lettres, de gentils mots de remerciements, de photos. Nous n'avons pas pu partir sans leur exprimer notre bonheur d'avoir passé 2 nuits au Rindou no ie et leur avons également offert des bonbons et un petit dessin pour les remercier.


La pension est confortable et impeccable. La chambre vaste, bien meublée et chauffée en cas de froid, correspond tout à fait aux photos que l'on peut voir sur leur site. Les toilettes comme la salle de bain sont communs, d'une propreté exemplaire. Un grand bain privatif nous a permis de terminer nos journées de marche sur une touche de bonheur serein.

Shizuo-san nous a proposé chaque soir très gentiment de nous déposer en ville pour aller dîner et de l'appeler pour qu'il vienne nous chercher. Jeunes et fougueux, nous avons préféré lui éviter des allers-retours et nous sommes déplacés à pieds. Si la pension peut paraître un peu loin de la ville, il faut en réalité 10-15 minutes de marche pour rejoindre la gare Tobu Nikko. Il suffit d'emprunter la grande route principale, certes peu attrayante mais directe et sans danger.


Nous n'avons pas regretté de prendre le petit-déjeuner sur place. Composé d'une multitude de petits plats, il semble que le menu change selon  le nombre de nuitées réservées. Tout était délicieux et servi avec gentillesse par Shizuo-san.

Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais la dernière matinée, avant le check out, j'ai été pris d'une bouffée de tristesse à l'idée de ne plus jamais les revoir. J'avais envie que ce petit couple adorable devienne mes grand-parents adoptifs, et j'en ai même versé une larmichette... J'ai eu envie de passer du temps avec eux, leur poser des questions, et de discuter des heures de leur vie. Chamboulée et mélancolique, j'ai quitté Nikkô pour Osaka.

Note
❤ ❤ bonus !!

Quelques informations
Rindou no ie - site internet (en anglais et en japonais)
1462 Tokorono, Nikkô, Tochigi prefecture - Zip code : 321 1421
Tel : 0288-53-0131


Le Narusawa lodge - 鳴沢ロヂ

Finalement, changeant un peu notre programme, nous avons voulu avancer notre séjour à Nikkô d'une nuit, faisant 3 nuits sur place au lieu de 2. Malheureusement, plus aucune chambre n'était libre au Rindou no ie. Les propriétaires, adorables, m'ont donc conseillé d'autres pensions pour la première nuit.
Le Narusawa lodge est le voisin du Rindou no ie, c'est ce qui a fini de me convaincre : pas besoin de transporter nos sacs très loin entre les 2 pensions. De plus, les avis sur Trip Advisor sont bons.


Si le site de l'auberge peut paraitre un peu froid lorsque l'on lit "If you don't like to walk, please take another hotel", il s'avère que le propriétaire, Yuji-san, est très gentil. Un peu excentrique certes, mais réellement disponible.
Comme pour la 1ere pension, je l'ai contacté directement par mail pour réserver. Yuji-san en a été ravi car cela lui a évité les frais des sites de booking. Il n'a pas hésité à venir nous chercher à la gare à notre arrivée. En pleine nuit, portant des lunettes de soleil d'un noir profond !


Cette pension est davantage une auberge, ressemblant à un chalet de montagne. La clientèle principale semble se composer de marcheurs. Le confort y est rustique mais sympathique. Yuji-san a accroché des petites notes PARTOUT (absolument partout) dans son auberge, sur les appareils éléctro-ménagers, sur les boutons... Fan du tutoriel, il y explique comment utiliser la bouilloire, la clim, la salle de bain ! Avec des petits dessins rigolos, et des questions réponses atypiques (qui est Pi ?), ca détend !


Ma déception a été de constater qu'il n'y avait pas de bain commun fonctionnel, contrairement à ce qu'annonçait son site (avec photo). Je n'ai pas demandé, il se peut que le bain ait été temporairement fermé.
Toutefois, Yuji-san propose d'emmener les voyageurs au onsen du coin à 20h chaque soir. Arrivés trop tard pour en profiter, je ne peux donc pas vous en parler, en revanche je lui ai demandé si le tatouage était accepté : selon lui tout le monde s'en fiche à Nikkô. La ville est tellement touristique qu'il n'y aurait pas de restriction à ce sujet. Si vous avez des anecdotes à ce sujet (validant ou non cette affirmation), n'hésitez pas à me les partager !


Le petit déjeuner ne vaut pas le coup. Simples tranches de pain de mie avec un peu de beurre et un cookie, autant s'arrêter au Konbini la veille et acheter ce dont vous avez besoin. La salle à manger est très bien équipée et confortable pour les repas.

Note

Le Narusawa dépanne mais je lui préfère incontestablement le Rindou no ie pour un budget similaire.

Quelques informations
Narusawa lodge - site internet (en anglais et en japonais)
1462-22 Tokorono, Nikkô, Tochigi - Zip code : 321-1421
Tel : 080-6636-0288

J'avais envie de terminer l'article sur une touche de honte, et parce qu'on n'a plus vraiment l'occasion d'utiliser des cabines téléphoniques de nos jours, Axel a immortalisé le contact en japonais que j'ai essayé d'établir avec Yuji-san pour qu'il vienne nous chercher à la gare !


jeudi 24 décembre 2015

Nikkô la vieillissante | Japon 2015


Nous avons programmé 2 jours pleins à Nikkô, dont le premier était réservé à la visite des temples de la ville. Incontournables car classés au patrimoine mondial de l'Unesco, j'avais très envie de les voir en vrai pour m'en faire une idée. J'en avais eu des échos différents : certaines personnes les trouvant magnifiques, et d'autres aussi kitsch que le Kinkaku-ji de Kyôto (le pavillon d'or) que je n'aime pas du tout.
J'ai finalement beaucoup de choses à vous dire sur cette escale, que ce soit à propos des auberges où j'ai séjourné ou encore ce que j'ai pu y voir. C'était plus inoubliable que je ne l'aurais pensé !

Il y a donc 3 autres articles prévus à ce sujet :
- Où dormir à Nikkô
- La traversée des marais de feu de Senjôgahara
- Faut-il prendre le All Nikkô pass ?

Nikkô est réputée pour son parc regroupant les monuments classés historiques mais aussi pour sa nature et ses onsens (sources chaudes) naturels. Beaucoup de personnes âgées profitent de cette combinaison d'activités pour venir en week-end. Mais également un certain nombres de touristes étrangers. Nikkô était pour nous une bonne opportunité de quitter les grandes villes, de se perdre un peu dans la nature tout en découvrant un patrimoine historique typique du Japon. C'était le premier voyage d'Axel dans ce pays qui m'est si cher, je ne voulais pas lui organiser un séjour trop en dehors des sentiers battus.

Nous n'avons pas eu beau temps pendant ces 2 jours. Un ciel lourd et gris souris, beaucoup de pluie, le tout lié au froid montagnard. Cela donnait une envergure mystique à la région entourée de montagnes et de lacs. Nous avons eu beaucoup de chance cependant, il n'a pas plu pendant nos longues balades dans la nature ! Le climat parfait pour des moments gravés dans nos petites têtes.




Un temple, deux temples, trois temples... 

Les grosses attractions de la ville se trouvent réunies au même endroit, ce qui est plutôt pratique. Il faut compter une demi-journée pour tout visiter si l'affluence de touristes est normale (fournie mais tolérable).
Entouré de montagnes, le parc concentre ses temples à différentes hauteurs, tous bien nichés contre la roche et les hauts pins. La brume du matin les emmitoufle encore, leur donnant une superbe aura d'un passé fantomatique. La rosée qui perle sur la mousse, l'humidité sur le bois rouge ou doré des bâtiments, les cîmes cachées dans le ciel... Tout ces détails habillent les temples aux couleurs éclatantes.

Malheureusement, beaucoup de travaux sont en cours, et ce sur plusieurs années. C'est le cas du Rinno-ji dont le Sanbutsudo est en reconstruction depuis Avril 2011 jusqu'en Mars 2019. Ce dernier est totalement emballé dans une grosse boîte et en pièces détachées. La visite vaut toutefois le détour car exceptionnellement organisée en musée sur la construction des temples. Les explications en anglais sont très sommaires, mais il est possible de voir comment sont fixées les poutres, de quoi est composé un temple et quelles sont les causes du vieillissement du bois. La visite permet de tourner autour du temple décortiqué et de voir les artisans à l'oeuvre.
Certains bâtiments des autres temples sont également en rénovation : la porte Yomeimon du Toshogu et un élément du Taiyuinbyo je crois. Cela ne gène toutefois pas la visite.

Je n'ai pas spécialement aimé le Toshogu, temple principal de Nikkô. Croulant sous les dorures, semblant peser des milliers de tonnes, il écrase littéralement l'humain. C'est certainement voulu puisque c'est le mausolée de Tokugawa Ieyasu (le pilier du shogunat Tokugawa qui dura plus de 250 ans). A l'origine plutôt simple, le Toshogu aurait été élargi et redécoré par le petit fils d'Ieyasu, Tokugawa Iemitsu.

Pour ne rien louper du circuit de visite des temples, je vous recommande ce dossier très bien fait (et surtout à jour concernant les travaux de rénovation).

S'y rendre
Le bus touristique vous y mène directement (310 yen)
Toutes les entrées sont payantes et il n'existe momentanément plus de billet combiné. Je vous recommande de vous renseigner lors de votre séjour car il se peut que cette information soit obsolète d'ici quelques mois/années. Les prix varient entre 200 et 600 yen.
Le tour du parc se fait facilement à pieds.


Compter les Bake Jizo (Jizo fantômes)

Sur les conseils de notre hôte Shizuo-san (dont je vous parlerai avec nostalgie dans le prochain article), nous sommes allés rendre visite aux 100 Jizo veillant sur la rivière tumultueuse de Nikkô.  C'est le coin préféré de Shizuo-san qui aime s'y balader et compter sans cesse les statues pour être certain que les Jizo soient tous à leur poste. La légende veut que si l'on compte les statues à l'aller puis au retour de la balade, leur nombre varie mystérieusement. J'avoue avoir bredouillé dans mes comptes 2 ou 3 fois avant d'abandonner complètement.
A l'origine au nombre de 100, une violente crue de la rivière aurait eu raison des plus faibles. Il n'en resterait plus que 70 environ.


Peut-être à cause du mauvais temps, l'endroit était agréablement désert. La balade longe la rivière Daiya et l'abysse de Kanmangafuchi, créée il y a longtemps par une éruption du Mont Nantai. L'eau y est d'un bleu franc et écumante. Aucun pépiement d'oiseau pendant notre visite, seul le bruit de l'eau frappant les rochers fatigués.

S'y rendre 
La balade près de la rivière se trouve derrière le jardin botanique, mais les deux ne communiquent pas. Il est tout de même possible de descendre à l'arrêt de bus Tamozawa et de marcher 15 minutes à travers un petit lotissement de maisons tranquilles. Rien que ce petit chemin loin des hordes de touristes en vaut la peine. Comptez une bonne trentaine de minutes si vous voulez rejoindre les 100 jizo depuis les temples de Nikkô.
Accès gratuit.



La villa impériale Tamozawa sous la pluie

Nous avons eu la chance de terminer une journée de visites dans cette villa. En arrivant 45 minutes avant la fermeture, le lieu était totalement désert. Nous avons donc eu le palais pour nous tout seuls, sous une pluie battante. Et qui dit avoir le lieu pour soi, dit aussi avoir les gardiens aux petits soins, prêts à nous expliquer chaque détail des pièces, prenant le temps de faire des détours linguistiques si nous ne comprenions pas tous les mots en japonais.

 La villa a originellement été construite à Tokyo et servait de résidence à une branche de la famille Tokugawa. Déplacée à Nikkô en 1899, elle devient la résidence d'été de la famille impériale. Composée de 106 pièces, la villa mélange les styles architecturaux japonais de la période d'Edo et de Meiji, au style occidental en vogue à l'époque : on y trouve donc une salle de billard et le verre des vitres était directement importé d'Allemagne. Certains sols sont recouverts de moquette quand d'autres sont composés de tatamis. Le style japonais reste toutefois dominant.

Un gardien nous a expliqué la différence entre la représentation du chrysanthème impérial et celle, plus commune, des passeports japonais.
La fleure impériale a un détail en plus derrière ses pétales que n'a pas le chrysanthème commun, pour que le symbole soit celui de la nation, tout en étant particulièrement celui de la famille impériale. Astucieux !

Nous n'avons malheureusement pas pu profiter des jardins comme nous aurions voulu, à cause de la pluie. Il nous a fallu les parcourir à la vitesse de la lumière, prenant l'eau de toute part malgré les parapluies.

S'y rendre
Le bus vous dépose devant à la station Tamozawa.
Horaires d'ouverture : de 9h à 17h (16h30 de Novembre à Mars)
Fermeture le Mardi
Tarif : 510 yen


En cas de faim

Nikkô possède plusieurs spécialités culinaires. 

Le yuba
Il s'agit de la pellicule qui se forme lorsque l'on fait bouillir le lait de soja. Récupérée et souvent enroulée sur elle-même, elle est servie à Nikkô dans les soupes de soba ou de udon.
J'ai pu en manger plusieurs fois en 2 jours et ai trouvé que les yubas du Asahiya étaient les meilleurs. Situé près de la gare Tobu, sur la grande place, ce restaurant ne paie pas de mine mais est une bonne cantine pour déjeuner. Les prix sont corrects, le service est agréable et la salle (à l'étage d'un magasin) est relativement confortable. Enfin, et c'est un sacré bon point : les nouilles sont faites maison !

Asahiya
10-2 Matsubaracho, Nikkô 321-1406, Tochigi
Site internet en japonais

Le cheese tamago
J'ai raté l'occasion d'y goûter, et pourtant ce n'est pas faute d'y avoir pensé pendant tout mon séjour... Malgré son nom, il ne s'agit en fait pas d'un oeuf au fromage ! D'après ce que j'ai pu en lire sur internet, le cheese tamago serait
une sorte de cheese-cake en forme d'oeuf dur. On trouve des échoppes un peu partout autour des lieux touristiques.
Je serais curieuse d'en savoir plus si, d'aventure, quelqu'un avait goûté cela !

Le castella
Ce gateau spongieux originaire du Portugal semble avoir ses marques de noblesse à Nikkô. Je ne sais absolument pas pourquoi ! Une chose est sûre : il y a beaucoup de boutiques de castella, et même un centre commercial spécialisé. Il semble même qu'il y ait une recette particulière agrémentée de feuilles d'or...


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