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jeudi 12 décembre 2013
Quid du tatouage au Japon ?
Cette question est une angoisse pour beaucoup de personnes qui souhaitent se rendre au Japon, alors qu'ils ont déjà un pied dans la dépravation qu'est le tatouage... Sur les articles concernant les onsens surtout, on peut lire toutes sortes de commentaires demandant si tel ou tel onsen est autorisé aux personnes tatouées. Parce qu'il faut bien le dire, dans ce pays où les gens respectent les règlements, se faire renvoyer d'un établissement parce qu'on a tout l'air d'une personne de mauvaise vie, ça la fout un peu mal !Je me suis beaucoup posé la question aussi pendant les préparatifs de mon voyage 2013 et je peux maintenant en parler ! (Vous risquez de trop voir mon dos dans cet article, mais c'est pour la bonne cause)
Commençons par me situer, cela vous permettra de mieux appréhender l'article et mon ressenti.
J'ai, maintenant, 5 voyages au Japon à mon actif. Je les ai commencés dès la fin de ma première année de licence de japonais. Les 4 premiers étaient systématiquement l'été, pendant les vacances scolaires et duraient entre un et deux mois. Je n'étais alors pas tatouée, et n'ai jamais eu à me soucier de ce genre de détails.
Le 5e voyage, celui de 2013 que vous avez pu suivre dans les grandes lignes a été le premier post-études, en automne. Et également le premier avec tatouages. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à me poser des questions concernant mes "habitudes" prises au Japon, concernant les onsens, le regard des gens dans la rue, les visites dans les temples... "Est-ce que tout cela va changer ?", "Vais-je devoir me priver de toutes ces choses que j'aime?" etc etc...
Certains se demanderont peut-être pourquoi j'ai succombé au tatouage alors que j'étais déjà une frénétique du Japon et que je savais bien qu'il y a des a priori très forts contre cette pratique dans ce pays. A la vérité, j'en avais envie depuis longtemps mais ma passion japonisante m'en avait empêchée, et c'est au moment où j'ai commencé à comprendre que je ne partirais sûrement jamais vivre et travailler au Japon que j'ai décidé de marquer ce moment. J'ai tourné la page, c'était une manière de faire une croix sur ce projet qui me tenait à coeur des années durant mais qui ne collait pas avec mes autres envies personnelles.
Parlons maintenant de la taille et de l'emplacement de mes tatouages. Pour le moment j'en ai 2 : un discret sur le côté facile à cacher, et une sacré pièce sur l'épaule, le haut du bras et descendant sur l'omoplate. Impossible de le cacher avec un pansement, n'est-ce pas ?! Cette technique peut être très pratique pour un petit tatouage à dissimuler au onsen, si tel est votre cas.
Maintenant à vous de voir où me placer sur une échelle entre "acceptable en société" et "condamnée au rejet populaire".
Le regard des gens
J'étais un peu rassurée à l'idée de partir en automne, car je me disais qu'il ferait frais et que j'allais toujours être couverte. Que nenni, il a fait très chaud les premières semaines ainsi qu'à Kagoshima pendant la visite des volcans de Kirishima. J'avais emporté avec moi mes vêtements habituels, qui ne cachent pas particulièrement mon tatouage... Et j'ai vite oublié que je l'avais. Que ce soit dans la rue, les magasins ou dans les montagnes, personne ne semblait y faire spécialement attention. Si c'était le cas, ils ont su le cacher comme il faut. J'ai rencontré beaucoup de couples de personnes âgées - et je pensais que ce serait eux mes principaux "ennemis" - qui malgré mon tatouage extrêmement visible, engageaient la conversation et sympathisaient avec nous. Comme avant ! Pendant tout le mois, je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu des réflexions dans mon dos.
Pour les visites de temples, j'avais entendu et lu par-ci par-là que les gens tatoués étaient parfois recalés à l'entrée. Je ne l'ai pas vécu une seule fois, que ce soit à Kyôto ou ailleurs.
Pour les visites de temples, j'avais entendu et lu par-ci par-là que les gens tatoués étaient parfois recalés à l'entrée. Je ne l'ai pas vécu une seule fois, que ce soit à Kyôto ou ailleurs.
En parallèle, personne ne faisait le moindre commentaire curieux dessus. En France, il arrive souvent que les gens posent des questions à ce sujet. Là-bas, c'est simplement comme si cela n'existait pas.
Onsen et sentô
Il fallait bien un obstacle malgré tout, et c'est bel et bien le onsen ! Qu'il faut différencier du sentô. Le onsen est une sorte de spa, où l'eau chaude est d'origine naturelle. Il y en existe des extérieurs, mixtes, luxe, à thème etc... Les sentôs sont tout simplement des bains publics. On y trouve, dans les 2 cas, un vestiaire, une zone de douche et des bains chauds où se prélasser après s'être lavé. Les sentôs sont utilisés par les gens du quartier, notamment les personnes âgées ou les familles.
Dans la guest house où je me suis arrêtée à Kyôto (et dont je parlerai bientôt c'est promis), il y avait des douches mais aussi un plan avec les sentôs du quartier. J'ai donc demandé au staff si le tatouage était autorisé dans les bains qu'ils conseillaient. On m'a expliqué la chose suivante : les sentôs acceptent sans problème les gens tatoués, ce sont les onsens qui les refusent la plupart du temps.
Forte de cette information, je les ai donc presque tous testés, en demandant à l'accueil si mon tatouage était un problème (on ne sait jamais!), on m'a répondu à chaque fois que ça ne dérangeait personne.
Roule ma poule, le tout a été de faire comme si j'étais une habituée du lieu, et si les petites vieilles avaient parfois le regard insistant, je pense que c'était plus parce qu'elles ne voient pas d'occidentales tous les jours au sentô. Ce regard je l'ai connu avant d'être tatouée et il n'est ni dérangeant ni insultant.
Roule ma poule, le tout a été de faire comme si j'étais une habituée du lieu, et si les petites vieilles avaient parfois le regard insistant, je pense que c'était plus parce qu'elles ne voient pas d'occidentales tous les jours au sentô. Ce regard je l'ai connu avant d'être tatouée et il n'est ni dérangeant ni insultant.
J'ai continué l'expérience dans un sentô très sympathique d'Asakusa sans aucun problème. Je pense que vous pouvez tenter l'aventure sans hésiter !
Pour les onsens, l'affaire a été différente. Etant en couple, j'ai privilégié les onsens privatifs comme le super Tsuboyu de Yunomine. Les bains privés ne posent aucun problème puisque personne ne peut vous dénoncer à l'entrée. On se déshabille dans une cabine privée qui donne directement sur le bain et on ressort habillé, ni vu ni connu. En cas de bain privatif dans un complexe de onsen ou un ryokan, le prix monte rapidement.
Les bains en pleine nature comme celui testé à Beppu il y a quelques années ne posent pas de problèmes non plus. Puisqu'il n'y a pas de gérants, il n'y a pas d'exclusion.
Il m'est arrivé de demander au guichet de onsens si le tatouage était toléré. La réponse était catégorique : だめです!("C'est interdit"). Pas de négociation possible, on ne peut que repartir la tête basse.
Les bains en pleine nature comme celui testé à Beppu il y a quelques années ne posent pas de problèmes non plus. Puisqu'il n'y a pas de gérants, il n'y a pas d'exclusion.
Il m'est arrivé de demander au guichet de onsens si le tatouage était toléré. La réponse était catégorique : だめです!("C'est interdit"). Pas de négociation possible, on ne peut que repartir la tête basse.
Les onsens les plus connus de Tokyo, le Spa Laqua (Tokyo Dome) et le Oedo Onsen Monogatari (Odaiba), sont interdits au tatouage. Ne perdez pas votre temps là bas, c'est d'ailleurs spécifié dans les guides touristiques.
Je vous recommande le très bon blog Onsen Soaker pour trouver des adresses sympathiques et souvent hors des sentiers battus, même à Tokyo.
Et si vous vous arrêtez à la Gojo guest-house de Kyoto, voici le plan des sentôs du quartier.
dimanche 25 août 2013
Voyage au Japon 2013 - Préparatifs phase 1
Le prochain voyage au Japon devient palpable ! Ca y est !
Le billet n'est pas encore acheté, mais les sous sont soigneusement mis de côté pour pouvoir le faire très vite. Nous comptons partir un mois entre Octobre et Novembre. Ce sera pour moi, la première fois que je découvrirai le Japon à une autre saison que l'été. Et c'est une chance d'y aller en automne, puisque le rouge des érables m'émerveille plus que le rose pâle des cerisiers en fleurs.
Avant de foncer tête baissée sur un banal Paris-Tokyo, nous avons décidé de réfléchir un peu plus à ce que nous voulions faire sur place. Pour l'instant, arriver à Fukuoka ou à Tôkyô diffère assez peu niveau temps de vol et prix, les billets restent assez abordables : entre 650 et 700€ par personne. Je vous invite à suivre les grands moments de notre brainstorm, découvrir ce que nous allons garder comme objectifs jusqu'au bout et ce que nous allons remettre à un prochain voyage.
Défricher les lieux qui font rêver
A force de se nourrir de blogs, livres, ou reportages en tous genres, la liste des villes à visiter ne fait que s'étoffer. Cette année, nous décidons de n'emmener qu'un sac à dos chacun, et de découvrir un maximum la campagne japonaise.
Parmi nos références principales, il y a les blogs des Totoro Times et des Issekinicho. Je crois que ce sont eux qui nous ont le plus fait voyager à travers la qualité de leurs photos et l'atmosphère qu'ils savent capturer lors de leurs tribulations. Nous avions d'ailleurs rencontré les Issekinicho lors d'une séance de dédicace pour leur livre Nekoland (que nous vous conseillons vivement), et avons beaucoup papoté avec eux de la location de voiture au Japon, des petits coins paumés à visiter et de l'île aux chats : Tashirojima (田代島). Oui je peux bien sûr citer le blog de Florent Chavouet et ses livres qui ne sont plus à présenter : Tôkyô Sanpo et Manabe shima.
C'est donc armés d'une grosse carte à l'ancienne, sur laquelle on peut gribouiller pour mettre en valeur nos destinations, d'un google doc partagé et de quelques guides de voyage sur le Japon (gentiment prêtés pour l'occasion) que nous commençons l'ébauche du voyage.
Je vais tenter d'orienter une partie des expéditions sur la chasse au yôkai, ce qui fait qu'un peu d'urbex pourra se glisser dans nos aventures.
Traquer le tanuki
Cet animal est un peu ma passion préférée du monde ! A chaque voyage au Japon, j'espère en rencontrer un. C'est arrivé lors de mon dernier séjour, mais pas de la manière dont je rêvais : alors que nous rentrions en voiture, ma famille d'accueil de Niigata et moi d'un superbe sentô (bain public), nous avons percuté un innocent petit tanuki. Mort sur le coup. Ma mère d'accueil, désespérée d'avoir tué ce mignon petit animal qui nourissait mes rêves les plus fous, a pleuré jusqu'à la fin du trajet... Il faut que j'exorcise ce traumatisme.
Cette année, nous espérons passer à Tôno, le village des Kappa. Cela se fera sûrement au moment de notre petite escale à Niigata pour revoir ma famille d'accueil de l'époque et les amis restés là bas.
De manière plus générale, j'aimerais beaucoup approfondir le folklore local des endroits paumés où nous comptons nous rendre. Et la meilleure alternative pour apprendre encore plus d'histoires sur les fantômes et les démons, c'est de résider chez l'habitant. J'espère qu'à la campagne nous trouverons des personnes assez portées sur le sujet, et quelques Shinrei spots (心霊スポット - lieux connus pour être hantés) à visiter.
Cette année, nous espérons passer à Tôno, le village des Kappa. Cela se fera sûrement au moment de notre petite escale à Niigata pour revoir ma famille d'accueil de l'époque et les amis restés là bas.
De manière plus générale, j'aimerais beaucoup approfondir le folklore local des endroits paumés où nous comptons nous rendre. Et la meilleure alternative pour apprendre encore plus d'histoires sur les fantômes et les démons, c'est de résider chez l'habitant. J'espère qu'à la campagne nous trouverons des personnes assez portées sur le sujet, et quelques Shinrei spots (心霊スポット - lieux connus pour être hantés) à visiter.
Le couch surfing et AirBnB sont très à la mode en ce moment pour voyager mais je doute qu'ils soient aussi répandus dans tout le Japon. Je suis donc en train de (re)découvrir des sites tels que Wwoof Japan et Helpx qui permettent de loger dans des fermes, ryokans, chez des fabricants ou commercants en échange d'aide dans leurs travaux quotidiens. La journée est remplie par le travail manuel, mais le soir est souvent partagé avec l'hôte. Ce serait l'occasion d'un partage intensif. Je dois avouer que je regrette toujours un peu le manque de profondeur de mes rencontres au Japon quand je dois bouger de ville en ville. J'ai l'impression de répéter toujours les mêmes choses "Bonjour je m'appelle Eugénie, j'ai fait du japonais parce que (...), j'aime (...), je suis déjà allée à (...) et j'ai un chat à la maison". Youpi youpi !
Traquer les onsen secrets
Traquer les onsen secrets
Puisque je suis désormais bannie des onsens normaux à cause de mon volumineux tatouage, il nous faut absolument trouver une alternative. Car se passer de bain au Japon, c'est totalement exclu, c'est ma deuxième passion préférée du monde ! Ou la première ? Je ne sais plus !
Nous avions déjà expérimenté les onsens cachés dans la montagne à Beppu, il est temps d'allonger notre liste de découvertes. Je me pose pas mal de questions au sujet du tatouage au Japon : le signaler ou non en entrant dans un sentô ? Privilégier au maximum les bains familiaux ? Comment cela sera-t-il perçu dans les ryokan ?
Nous commençons à avoir une bonne petite liste, allant du onsen à creuser soi-même dans une rivière au petit ryokan loin de tout. J'ai hâte de vous en faire part !
Nous avions déjà expérimenté les onsens cachés dans la montagne à Beppu, il est temps d'allonger notre liste de découvertes. Je me pose pas mal de questions au sujet du tatouage au Japon : le signaler ou non en entrant dans un sentô ? Privilégier au maximum les bains familiaux ? Comment cela sera-t-il perçu dans les ryokan ?
Nous commençons à avoir une bonne petite liste, allant du onsen à creuser soi-même dans une rivière au petit ryokan loin de tout. J'ai hâte de vous en faire part !
Dégrossir et faire un choix
Quand la réalité rattrape le rêve : le voyage a un nombre de jours bien précis et il va falloir optimiser pour faire rentrer un max de choses. Un mois ça parait long comme ça, mais qu'est-ce que c'est court en réalité.
Il faut aussi appréhender le fait que le JR pass dure au maximum 21 jours, et que vu les 438€ qu'il pèse tout nu, il est difficile d'en accumuler. Ajouter un JR East Pass pour la fin du séjour ? C'est tout de même 20 000yen (154€ env.)... Faire traduire les permis de conduire coûte aussi quelques sous.
Il faut aussi appréhender le fait que le JR pass dure au maximum 21 jours, et que vu les 438€ qu'il pèse tout nu, il est difficile d'en accumuler. Ajouter un JR East Pass pour la fin du séjour ? C'est tout de même 20 000yen (154€ env.)... Faire traduire les permis de conduire coûte aussi quelques sous.
Nous n'avons pas encore entamé cette phase, qui fera l'objet d'un prochain article.
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