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mardi 1 mars 2016
Road trip au Pérou 2013 | Grimper sur le Machu Picchu
Je découvre cet article oublié dans mes brouillons, photos uploadées mais jamais écrit. Quel dommage ! 2 ans plus tard, les souvenirs sont toujours aussi vivaces, et ce serait dommage de ne pas en partager quelques uns ici. Voici donc une tonne de photos, je n'ai pas réussi à trier mieux que cela tant elles sont représentatives du lieu.
Vous retrouverez les informations pratiques en bas de page.
Une histoire d'escaliers
Le Machu Picchu semble avant tout être né d'une passion dévorante pour les escaliers chez les Incas. Ils sont interminables, sinueux, à marches trop hautes pour de si petits hommes à l'époque, en bord de gouffre, élimés, remplacés par des échelles...En suivant le guide du Routard qui mentionnait une jolie balade pas trop difficile, j'avais entrepris de faire le tour du Huayna Picchu, la montagne voisine du Machu Picchu qui offre une vue inimitable sur le site. C'était sans compter la descente jusqu'au pied de cette montagne pour devoir la remonter totalement par la suite ! J'ai cru mourir, tout simplement ! Pas d'alternative possible en cas de coup de pompe en bas, il faut obligatoirement tout remonter pour pouvoir sortir du lieu. Ca fout un coup, mais quel souvenir aujourd'hui !
Quelques infos pratiques
Pour visiter le Machu Picchu il faut réserver les billets d'entrée avant le séjour. Un quota est scrupuleusement respecté par jour (2500 personnes) et se remplit très vite, c'est pourquoi il ne faut pas s'y rendre à l'improviste sous peine d'avoir fait le voyage pour rien. Il n'est d'ailleurs pas possible de les acheter sur place, je crois.Attention à ne bien comparer les prix des billets avant l'achat, histoire de ne pas tomber sur un revendeur frauduleux.
Un site fiable (lorsqu'il fonctionne): http://www.machupicchu.gob.pe
La ville avoisinante, Aguas Calientes, qui permet de commencer la visite à l'aube est un clapier à touristes : tout y est hors de prix, la nourriture y est mauvaise. Une petite boulangerie française vaut toutefois le détour. Cela avait été pour moi la meilleure solution, me permettant de passer la journée au Machu Picchu sans avoir à subir de longs temps de transports avant et après (et heureusement, vu l'épisode escaliers de l'enfer).
mardi 27 octobre 2015
Préparer son sac pour un roadtrip
Certains des mots clés qui reviennent le plus souvent pour tomber sur le blog sont "préparer un roadtrip". Je n'ai malheureusement pas de recherches particulièrement étranges comme "manger un chien en tournant sur soi-même", "vomir son chewing gum en plein Shibuya" ou "flirter avec un poulpe, conséquences?". J'aimerais bien pourtant !
A l'époque où je participais au blog Girlify Me avec mon amie Virginie, j'avais rédigé cet article sur comment préparer son sac à dos pour un road trip. Etant en plein dans les préparatifs du voyage au Japon qui aura lieu dans 15 jours (OUIIII !!), j'ai eu envie de le repartager ici. Les tags des photos resteront du nom de l'autre blog mais ce sont bien les miennes.
En 2013, avant mon voyage au Japon, j'étais partie me balader au Pérou avec un sac de 6kg pour 2 semaines et demi de découvertes merveilleuses.
Généralement, quand je pars à l'étranger, je ne prends qu'un sac à dos et un petit sac plus passe-partout pour les journées de balade et de visite. J'aime optimiser (au plus grand bonheur d'Axel) le poids de mes bagages et ne pas emmener des choses dont je n'aurais pas besoin, juste pour un hypothétique "on ne sait jamais, imagine on rencontre l'Empereur du Japon? Il faudra une tenue spéciale".
L'article était avant tout basé sur le Pérou, mais il est un peu remanié pour le Japon même si j'ai bien conscience que dans ce pays, le service de livraison de bagages est hyper efficace. Ne l'ayant jamais éprouvé, je laisserai le soin à d'autres de vous en parler ! J'ai l'impression que voyager en sac à dos, au Japon c'est quelque chose de très "touriste occidental", mais bon, j'aime ça, que voulez-vous !
Etape 1 : Choisir le sac
Trouver un sac à dos de randonné joli a été un calvaire pour moi ! Hors de question d'acheter un tas de sangle Décathlon aux couleurs pétantes si je dois le porter tous les jours plusieurs semaines durant.J'ai retourné le monde de l'internet dans tous les sens pour trouver quelque chose d'assez rétro et typé "je suis la nouvelle Indiana Jones, t'as vu!", mais avec un bon confort de soutien en cas de longues marches. J'ai fini par trouver mon bonheur (à un certain prix) chez Fjallraven.
A savoir qu'un EastPack de base fait environ 25L (c'est quand même juste), mon choix s'est porté sur un sac à dos de 30L avec des poches faciles d'accès. J'emmène également un petit sac en bandoulière pour garder toujours mon passeport à portée de main, avec mes sous et les papiers importants du voyage. C'est idéal pour le quotidien.
Etape 2 : l'indispensable pour le Pérou
Cette partie est facultative, puisqu'elle dépend de votre destination. Le Pérou ayant de belles variations de températures telles que 25° la journée pour 5° la nuit, certaines villes étant en plein désert lorsque d'autres sont des zones à climats humides ou tropicaux, j'ai été obligée de prévoir des vêtements de survie invariablement laids mais indispensables : polaire, chaussures de marche, imperméable de poche... On en trouve de très honnêtes pour presque rien chez Décathlon. 2 ans après l'achat, ces accessoires me suivent toujours en voyage et ont gardé leur vigueur.La nuit tombe également très vite, aux alentours de 18h, et la lampe de poche m'a sauvé la vie bien plus d'une fois, ne serait-ce que pour trouver les toilettes à l'extérieur des maisons (dans le fond d'un pré habité par un âne, parfois), ou descendre une montagne après avoir admiré le soleil couchant.
Pour le Japon, rien de tout cela n'est obligatoire, même si les chaussures de marche et la lampe de poche sont un atout certain en cas de balades à la campagne ou dans les montagnes.
Etape 3 : les vêtements cools et accessoires
Là aussi, tout dépend de votre destination, mais il est important de respecter un minimum les codes vestimentaires des locaux (souvent énoncés dans les guides). Comme en Inde ou en Afrique, au Pérou, on évite de s'exhiber. Ce n'est donc pas pour ce voyage qu'on emmène le petit top bustier ou le super mini-short effet vintage.J'ai emmené 1 jean noir et 3 leggings (cela ne prend pas de place et ne pèse rien) que j'ai associés à 5 tee-shirts. Le tout a été de m'assurer que toutes les pièces soient combinables entre elles pour plus de facilité (et le pyjama est également compris dans ce calcul). J'ai ajouté 1 gilet chaud, 1 veste pour les températures entre deux et 1 paire de chaussures rigolotes qui donnent un petit accent à la tenue.
Je n'ai pas emmené beaucoup d'accessoires. Que des choses fortes visuellement mais qui ne coûtent rien : 1 énorme fleur rouge pour les cheveux et 1 collier à motif incas en bois qui habillent n'importe quelle tenue basique.
Je dois quand même confesser que m'habiller pareil pendant près de 3 semaines a fini par me donner envie de brûler tous ces vêtements à mon retour. Mais passés quelques mois, je me suis réconciliée avec eux.
Pour le Japon, je garde le même système de combinaisons mais je supprime 1 legging et ajoute 3 ou 4 robes si le voyage dure 1 mois.
Cette année, le voyage ne durant que 11 jours, je n'emmènerai pas grand chose !
Etape 4 : la trousse de toilette
Difficile à alléger sur les produits du quotidien mais il n'est pas si difficile de se restreindre sur le maquillage par exemple. Lunettes et produit lentilles étaient inévitable, ainsi que le combo brosse à dents et dentifrice. J'au aussi choisi 1 gel douche-shampoing 2 en 1 pour éviter de transporter plusieurs flacons, et la crème visage la plus hydratante de ma salle de bain pour pouvoir l'utiliser sur tout le corps. J'ai une peau très sèche qui ne vit pas toujours bien les voyages malheureusement.Mon déodorant à la pierre d'alun m'a sauvé la vie par pur hasard. Un bouton de fièvre avait fait irruption en plein milieu de mon voyage au Pérou et impossible de trouver la moindre crème contre cela (je ne parle pas un mot d'espagnol et mon cas semblait dépasser les quelques pharmacies que j'ai visitées), la pierre d'alun a été extrêmement efficace contre le problème...
Enfin, j'ai profité de l'optimisation des serviettes Nabaiji ultra fines et absorbantes sans prendre la moindre place. Je l'emmène systématiquement en vacances ou en weekend.
Côté maquillage, simple et efficace : 1 mascara qui part pendant la douche (pas besoin de démaquillant) et 1 rouge à lèvre et/ou un blush crème. C'est tout !
Etape 5 : la trousse à pharmacie
Que nous avons perdue le jour même où nous en avions besoin à cause d'une intoxication alimentaire violente. Si ce n'est pas de la chance !Le strict nécessaire : quelques sachets de Smecta, des anti-nausées, 1 boîte de dolipranes, un peu de désinfectant et des pansements. Ne pas oublier de prendre ses ordonnances en cas de traitement particuliers, évidemment.
Etape 6 : les loisirs
Parce qu'il faut toujours s'occuper, j'emmène 1 cahier et 1 trousse complète afin de réaliser un carnet de voyage (comme celui du Japon en 2013 ou de la Croatie en 2014) et pour pouvoir gribouiller en toutes circonstances, 1 livre court (pas trop lourd), 1 petit livret de mots fléchés et mon iPhone pour prendre des photos, zoner sur les internets et écouter de la musique.Pour le voyage qui approche, j'ajouterai 1 polaroid et 1 argentique "La Sardina" pour prendre davantage de photos.
L'application PackPoint, très bien pensée, permet de créer des listes visuelles pour préparer un voyage en fonction de ce qu'on prévoit de faire et de la météo du pays de destination. Elle est gratuite sur iPhone et Android.
Très prochainement je vous ébaucherai l'itinéraire ! Qu'il me tarde d'être dans une petite quinzaine de jours, d'ici là je pars mourir d'impatience dans un coin...
jeudi 3 octobre 2013
Road trip au Pérou 2013 | Flotter sur le lac Titicaca
Je ne vais pas revenir en détails sur toutes les destinations de mon voyage au Pérou, mais seulement sur les plus marquantes. Le lac Titicaca en fait partie, et je vous préviens, cet article est terriblement long ! Avant de commencer la lecture, il faut s'imprégner alors musique d'ambiance maestro !
L'arrivée à Puno, l'une des villes au bord du lac, ne s'est pas fait sans heurts puisqu'il faut monter à 4000m d'altitude en bus. Le trajet dure 6h en partant d'Arequipa, sur des petites routes sinueuses et grimpantes. Avec l'intoxication alimentaire (la seule ! je tiens à le préciser, et dans un resto 4 étoiles en plus...) chopée la veille, je n'en menais vraiment pas large et les évanouissements dus au mal de l'altitude et à mon faible état allaient se succédant. Ca donnait un cachet spécial au voyage, il faut dire ! Je crois qu'un rien un peu "hors routine parisienne" suffisait à m'exciter, alors j'en garde un très bon souvenir... Ah l'aventure !
Il a fallu 2 petites journées pour "bien" endurer la gène occasionnée par l'altitude, et les matés de coca à tous les repas ont bien aidé.
Pour visiter les îles Uros, Amantani et Taquile en plein lac Titicaca, il y a le choix entre 3 agences de voyage répertoriées par le Routard. Il y en a sûrement d'autres, et j'ai cru voir passer des combines un peu moins touristiques sur certains blogs, mais celle que j'ai choisie a bien fait son job. Tout était compris dans le tarif de départ (taxes des différentes îles, transport, guide, 3 repas + nuit dans la famille d'accueil). Je vous recommande donc Titicaca Leon Travel Tour (jr, Ayacucho 148, sont attentifs à endiguer les effets du tourisme peu respectueux).
C'est maintenant que commence l'aventure !
Un petit bus vient nous chercher à l'hôtel et nous emmène au port de Puno avec une petite dizaine d'autres touristes. Les guides nous conseillent alors d'acheter un petit cadeau pour les familles d'accueil comme du riz ou des bonbons parce qu'ils n'en ont pas sur l'île Amantani. Ca sent un peu la comédie, mais comme de toute façon, on m'a toujours appris à ramener quelque chose à une personne qui m'héberge, payée ou non, je ne fais pas de chichis et achète un joli paquet de bonbons. Je me doute toutefois que je ne vais pas surprendre la population avec !
Il est 9h et nous voguons vers les îles Uros, notre première visite. Il est très facile de lier connaissance avec les autres étrangers, et le guide est adorable. 30 minutes de traversée où nous partageons nos interrogations comme "j'éspère que ce ne sera pas trop Disneyland", "j'ai un peu honte de faire le gros touriste comme ça" etc etc... Mais il n'y a pas mille possibilités pour tout visiter en 2 jours, surtout quand on ne parle pas un mot d'espagnol comme moi !
Quand on pose le pied dessus, on ressent bien le flottement de l'île et c'est une impression carrément relaxante.
Par contre, c'est un vrai parc d'attraction, rôdé au millimètre près. C'est le côté décevant de la chose ! Quelques locaux nous attendent à l'entrée de leur atole en chantant des chansons kitsch, en nous saluant grandement, mais sans oublier de réclamer la taxe. Chaque île est asservie par un bateau de touristes, et à peine descendus, on nous entraîne dans une démonstration de la fabrication de l'île, de leurs coutumes alimentaires et autres trucs "traditionnels". On nous déballe ensuite les marchandises, que l'on peut se sentir obligé d'acheter. Quelques bateaux rappelant des drakars en roseaux sont là pour appâter le chaland, et on peut rejoindre une seconde île en payant 5 ou 10 soles de plus. Je n'ai rien acheté ni payé pour faire de ce bateau qui, apparemment, n'est pas du tout traditionnel mais seulement conçu pour amuser les touristes. On nous emmène alors sur une 2e île, qui est en fait un grand marché à souvenirs. Mouais...
Cet endroit a un potentiel de malade tellement il est atypique, mais le circuit touristique le gâche bien. Nous reprenons le bateau pour 3h de traversée en direction de l'île Amantani.
La balade se termine dans un petit restaurant, à flanc de montagne, avec une vue imprenable sur le lac. La nourriture délicieuse (même si la soupe de quinoa d'Innocencia vaut largement la leur) et ce paysage merveilleux ont été un grand moment de béatitude. Le groupe ne parlait plus, tout le monde admirait.
Il a fallu 2 petites journées pour "bien" endurer la gène occasionnée par l'altitude, et les matés de coca à tous les repas ont bien aidé.
Pour visiter les îles Uros, Amantani et Taquile en plein lac Titicaca, il y a le choix entre 3 agences de voyage répertoriées par le Routard. Il y en a sûrement d'autres, et j'ai cru voir passer des combines un peu moins touristiques sur certains blogs, mais celle que j'ai choisie a bien fait son job. Tout était compris dans le tarif de départ (taxes des différentes îles, transport, guide, 3 repas + nuit dans la famille d'accueil). Je vous recommande donc Titicaca Leon Travel Tour (jr, Ayacucho 148, sont attentifs à endiguer les effets du tourisme peu respectueux).
C'est maintenant que commence l'aventure !
Un petit bus vient nous chercher à l'hôtel et nous emmène au port de Puno avec une petite dizaine d'autres touristes. Les guides nous conseillent alors d'acheter un petit cadeau pour les familles d'accueil comme du riz ou des bonbons parce qu'ils n'en ont pas sur l'île Amantani. Ca sent un peu la comédie, mais comme de toute façon, on m'a toujours appris à ramener quelque chose à une personne qui m'héberge, payée ou non, je ne fais pas de chichis et achète un joli paquet de bonbons. Je me doute toutefois que je ne vais pas surprendre la population avec !
Il est 9h et nous voguons vers les îles Uros, notre première visite. Il est très facile de lier connaissance avec les autres étrangers, et le guide est adorable. 30 minutes de traversée où nous partageons nos interrogations comme "j'éspère que ce ne sera pas trop Disneyland", "j'ai un peu honte de faire le gros touriste comme ça" etc etc... Mais il n'y a pas mille possibilités pour tout visiter en 2 jours, surtout quand on ne parle pas un mot d'espagnol comme moi !
Les îles Uros
Ces îles sont très intrigantes car flottantes ! Elles sont créées par l'Homme avec 3m d'épaisseur de roseaux et autres racines flottantes qui remontent hors du lac lors de tremblements de terre. Une île a une durée de vie d'environ 50 à 60 ans. Elles sont accrochées à des poteaux pour éviter de dériver.Quand on pose le pied dessus, on ressent bien le flottement de l'île et c'est une impression carrément relaxante.
Par contre, c'est un vrai parc d'attraction, rôdé au millimètre près. C'est le côté décevant de la chose ! Quelques locaux nous attendent à l'entrée de leur atole en chantant des chansons kitsch, en nous saluant grandement, mais sans oublier de réclamer la taxe. Chaque île est asservie par un bateau de touristes, et à peine descendus, on nous entraîne dans une démonstration de la fabrication de l'île, de leurs coutumes alimentaires et autres trucs "traditionnels". On nous déballe ensuite les marchandises, que l'on peut se sentir obligé d'acheter. Quelques bateaux rappelant des drakars en roseaux sont là pour appâter le chaland, et on peut rejoindre une seconde île en payant 5 ou 10 soles de plus. Je n'ai rien acheté ni payé pour faire de ce bateau qui, apparemment, n'est pas du tout traditionnel mais seulement conçu pour amuser les touristes. On nous emmène alors sur une 2e île, qui est en fait un grand marché à souvenirs. Mouais...
Cet endroit a un potentiel de malade tellement il est atypique, mais le circuit touristique le gâche bien. Nous reprenons le bateau pour 3h de traversée en direction de l'île Amantani.
L'île Amantani
Lorsqu'on arrive sur l'île, toutes les familles d'accueil nous attendent. Le guide nous présente notre Mama d'accueil, et quand tout le monde est placé, il faut prendre la route pour rejoindre la maison. Il faut monter, car l'île n'est que grimpette. Avec l'altitude, c'est assez éprouvant. Plus pour certains que pour d'autres, mais j'ai eu la chance de bien m'adapter. J'étais essouflée, bien sûr, mais pas trop. Les familles font des pauses régulièrement sur le chemin.
Avant d'arriver, le guide nous explique que sur l'île on ne parle que kechua, et nous donne une petite feuille avec du vocabulaire de survie. Il s'avère en fait que la majorité des familles parle espagnol et que notre Mama, Innocencia, le parlait très bien.
Avant d'arriver, le guide nous explique que sur l'île on ne parle que kechua, et nous donne une petite feuille avec du vocabulaire de survie. Il s'avère en fait que la majorité des familles parle espagnol et que notre Mama, Innocencia, le parlait très bien.
Arrivés à la maison, la chambre à l'étage s'avère douillette (dans le sens péruvien du terme, cela va de soi). 4 lits, des petites fenêtres parfois sans vitres, un gros tas de couverture, et une "légère" inclinaison du sol. Ca fait parfaitement l'affaire, il est temps d'aller manger ! Chaque pièce est indépendante et la cuisine se trouve derrière le bloc contenant notre chambre. Je vous laisse contempler le lieu.
Même si elle n'en a pas l'air comme ça, la cuisine est confortable, et les plats servis par Innocencia sont délicieux : soupe de quinoa, petits poissons séchés dans la cour, pommes de terre de mille espèces différentes... Impossible de tout manger tellement les portions sont grosses. Notre mère d'accueil, qui nous a confié avoir déjà mangé, et sa fille, quant à elles, dévorent et se resservent de pleines assiettes deux ou trois fois. Ok ... Elles doivent nous trouver tellement chétifs ! Nous avons proposé de faire la vaisselle, et c'est armés d'une petite bassine d'eau froide que nous avons découvert les nouvelles normes sanitaires en vigueur : on frotte un peu avec un truc qui fait presque mousser on rince dans l'eau de vaisselle et on laisse sécher ! Les angoissés de l'hygiène feraient mieux de s'abstenir... En tout cas, je peux vous affirmer qu'aucun d'entre nous n'a été malade par la suite, alors pas de chichis inutiles je vous prie !
Après le repas, il est déjà plus de 16h, nous retrouvons le groupe de visite et montons vers le sommet de l'île où se trouve le temple de la Pachatata, pour admirer le coucher du soleil. Rebelote, l'altitude nous écrase encore un peu. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Les températures chutent. Il faut savoir qu'on passe de 20 à 5 degrés environ quand vient la nuit. Perdue dans toutes mes couches de vêtements (body - tee shirt à manches longues - polaire - gilet tricoté - vestes - foulard - écharpe en lama), je redescends jusque chez la Mama, dans le noir, sans me perdre ! Nous mangeons notre repas du soir : une nouvelle soupe de quinoa et un mélange de coquillettes, de pommes de terre, de riz et de légumes. C'est diététique le Pérou einh ? Le tout accompagné d'une tasse de muña pour digérer et alléger le mal d'altitude. Là encore, Innocencia et sa fille mangent 3 grosses bolées de nourriture en disant "moi quand j'ai faim, je mange !". Oui, ca oui, on ne dira pas le contraire !
A la fin du repas, notre Mama nous amène des costumes traditionnels. Elle m'aide à enfiler son combo chemisier-jupe et me donne un joli châle. Tout est fait par elle. Elle file d'ailleurs ses pelotes à longueur de journée avec sa toupie, quand elle marche dans l'île autant que quand elle attend, mais jamais dans la cuisine pour éviter les odeurs de fumée. C'est vraiment très impressionnant, cette précision dans les motifs ! Habillée comme ça, je comprends mieux pourquoi elles ont toutes l'air gros : j'avais gardé toutes mes couches de vêtement dessous, ce qu'elles font aussi. Forcément, ça épaissit ! Puis nous sommes partis à la salle des fêtes pour aller danser !
Ca c'est le côté un peu cirque qui recommence comme dans les îles Uros. Innocencia et toutes les autres Mamas nous apprennent la danse traditionnelle, en ronde. Et je peux vous dire que peu importe la musique, le rythme de ronde reste le même, sans aucune variante. C'est rigolo une fois, deux fois, mais au bout de la cinquième fois - surtout sur Baila baila la bamba - ça commence à être usant ! Nous sommes alors sortis admirer les étoiles. Car au Pérou, elles sont bien plus brillantes que chez nous, et à 4000m d'altitude, c'est carrément indescriptible. On se sent beaucoup plus proche du ciel, et aucune lumière terrestre ne vient gâcher le spectacle. Je n'avais pas d'appareil photo capable d'immortaliser ce moment (avec l'iPhone faut pas rêver) alors j'en ai profité comme jamais. Un vrai moment ressourçant, malgré Baila baila la bamba en fond sonore...
La nuit a été l'une des plus difficiles de ma vie ! Le froid mordant était partout dans la chambre et les toilettes ! Je ne vous en ai pas encore parlé ! Derrière la cuisine, dans le petit champ habité par un âne un peu bavard, se trouve un cabanon en taule orange (c'est pour bien le repérer de nuit?) contenant un petit puit en béton et un seau d'eau à côté. Voilà ! L'odeur y est très difficile et le confort, dans le froid, inexistant. Nous avons prié très fort pour ne pas avoir envie d'y aller pendant la nuit ! Le lit en pente m'a totalement désorientée et j'ai passé la nuit les muscles contractés accrochée au matelas pour ne pas rouler. Je pense que c'était une totale exagération mais mon corps ne voulait pas comprendre autre chose. Le froid, malgré les couvertures, était pénétrant. Nous avons dormi avec toutes nos couches de vêtements en plus mais ça n'a pas suffit. J'ai attendu vaillamment que le jour se lève, en écoutant les échos des ânes qui se répondaient d'un bout à l'autre de l'île. La nuit ne m'a jamais paru aussi longue dans ce noir total, et les heures se sont écoulées lentement.
Le lendemain matin à 6h, il faut faire bonne figure au petit déjeuner, alors on fait croire qu'on a bien dormi ! Le petit déjeuner justement était une merveille de consolation : pancakes et confiture, avec une bonne infusion de coca. De quoi ragaillardir après une longue nuit d'angoisse !
Nous reprenons le bateau et voguons pendant une bonne heure vers l'île de Taquile. Tout est déjà oublié et il ne reste qu'un souvenir merveilleux de solitude un peu sauvage.
L'île de Taquile
Une heure de grimpette dans cette magnifique île, un peu plus "civilisée" qu'Amantani. Pour le coup, il n'y a pas énormément de choses à dire dessus hormis que les paysages étaient vraiment merveilleux. Le sentier de balade fait le tour de toute l'île, avec de nombreuses marches mais une certaine tranquillité règne à Taquile, ce qui fait qu'on prend son temps, on respire à pleins poumons et on est heureux ! Je pense aussi que la nuit sur Amantani est pour beaucoup dans cette plénitude que j'ai pu ressentir.
Nous passons par un village, connu pour son panneau indicateur montrant toutes les distances par rapport aux principales villes du monde.
La balade se termine dans un petit restaurant, à flanc de montagne, avec une vue imprenable sur le lac. La nourriture délicieuse (même si la soupe de quinoa d'Innocencia vaut largement la leur) et ce paysage merveilleux ont été un grand moment de béatitude. Le groupe ne parlait plus, tout le monde admirait.
Nous avons ensuite repris le bateau pour 3h de traversée jusqu'à Puno, la ville d'où nous venions.
La traversée en solitaire
Les gens, épuisés par ce tour des îles, se sont tous écroulés sur le bateau. Je suis montée sur le toit, seule, avec la BO entière des Bêtes du Sud sauvage dans les oreilles et me suis évadée dans mes pensées. Si vous n'avez pas vu ce film, franchement, n'attendez plus. Il fait partie de mes préférés et a été ma découverte cinématographique la plus forte en émotion de l'année 2013.
Malgré la crème solaire à indice 50, j'ai brûlé pendant ces 3h de rêverie. Oui le soleil tape fort à cette altitude... Mes avant-bras en portent encore la marque.
Je n'arrive pas à vous partager la force de ce que j'ai ressenti, seule sur le toit de ce bateau, mais voici quelques photos, qui je l'espère, vous parleront. Et regardez ce bon dieu de film, vous comprendrez encore plus !
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